La chasse
La chasse n'est pas une habileté innée chez les loups. Bien que ceux-ci possèdent des talents naturels de chasseurs, ils doivent toutefois en faire l'apprentissage et les développer. Ce n'est que vers l'âge de 3 ou 4 mois qu'ils ont vraiment appris à associer la chasse avec la nourriture. À ce moment-là, ils sont assez matures pour joindre la meute lors des activités de chasse, mais y jouent seulement un rôle d'observateurs. Lors de ces « séances », ils apprennent les techniques utilisées par les adultes pour venir à bout d'une proie. Ce n'est que vers l'âge de 6 mois, alors qu'ils ont atteint une taille d'adulte, qu'ils participeront activement à la chasse en suivant la meute dans tous ces déplacements. Ils apprennent non seulement les techniques de chasse, mais aussi la ruse et la méfiance.
Les loups ne chassent pas pour le plaisir. Ils chassent par nécessité, pour rester en vie. Jamais ils ne tueront plus d'animaux qu'il n'est nécessaire à leur survie. En outre, lors de leurs chasses organisées, ils choisissent toujours les animaux les plus faibles ou ceux qui sont malades. Il est plutôt rare qu'un loup s'attaque à un animal en parfaite santé car il sait qu'il lui faudra dépenser énormément d'énergie pour souvent « mordre la poussière ». De plus, le fait d'attaquer un animal en santé est toujours plus risqué pour sa propre sécurité et le loup en est parfaitement conscient. Par conséquent, les bêtes âgées, malades ou affligées d'une blessure tomberont les premières sous les crocs du loup. De cette façon, ils rendent service à la nature. Non seulement en gardant les troupeaux en bonne santé, mais aussi en limitant leur taille. D'autant que dans l'hémisphère nord il n'y a plus assez d'endroits verts pour nourrir et maintenir en vie de grands troupeaux.
On traite souvent le loup d'animal cruel et sanguinaire, mais son statut de carnivore et de prédateur le force à agir de cette façon. Le mot cruel est-il bien adapté à des conditions naturelles de prédation? Est-ce qu'un loup est plus cruel qu'un oiseau qui avale un insecte, qu'un renard qui se nourrit d'une carcasse ou d'un oiseau rapace qui s'empare d'un mulot pour se nourrir? Souvenez-vous tout simplement que le loup est un grand prédateur et qu'il doit chasser continuellement pour assurer sa survie quotidienne ; son rôle est de tuer pour se nourrir et assurer la survie de sa progéniture. La prédation qu'il exerce s'inscrit donc dans le principe des grandes lois naturelles. Le loup accomplit simplement la « tâche » pour laquelle il est dévolu dans l'écosystème. C'est sous cet aspect qu'il faut d'abord le considérer.
Alimentation
Le régime alimentaire du loup varie beaucoup selon les saisons. De plus, il dépense énormément d'énergie pour trouver sa pitance quotidienne. Dans la toundra, en certaines occasions, il pourra franchir plus de 70 km dans une seule journée pour se mettre de quoi sous la dent. Certaines études ont aussi démontré qu'il chasse en vain en plusieurs occasions ; on parle même qu'il ne réussit qu'une fois sur dix! Ses proies favorites sont les gros mammifères comme l'orignal, le wapiti, le cerf de Virginie, le boeuf musqué et le caribou. En hiver, les ongulés représentent presque exclusivement le garde-manger du loup. En été, par contre, son alimentation peut être très variée ; elle compte plusieurs petits mammifères, comme le rat musqué, la marmotte, le lièvre et parfois des oiseaux nichant à même le sol. Les chercheurs ont aussi déterminé que, dans certaines régions, le castor pouvait représenter une bonne proportion de son menu, du mois de mai au mois d'octobre, si le gros gibier se fait plus rare et si le castor est plutôt abondant. À cette période, il se contente souvent de l'essentiel, si ses proies favorites lui font défaut. Il est reconnu que le loup consomme de grandes quantités de nourriture en peu de temps et, comme de telles quantités ne sont pas toujours disponibles, il peut être parfois plusieurs jours sans manger. Un loup peut facilement ingurgiter 3 kg ( 6.6 lb ) de nourriture par jour. Par conséquent, l'apport de viande est primordial. À cause de sa taille, de ses habitudes à se déplacer en meute et de sa capacité à consommer et à digérer de grandes quantités de nourriture sur de courtes périodes, il est logique qu'il s'attaque à des proies imposantes.